Etude comportementale sur Facebook : Les fans Facebook et les centres d’interêts VTT en montagne – Partie 3

Etude comportementale sur Facebook : Les fans Facebook et les centres d’interêts VTT en montagne – Partie 3

Une fois la saison hivernale terminée, bon nombre de sites touristiques de montagne capitalisent sur le VTT pour attirer leur clientèle estivale. Que ce soit pour faire de la descente ou en cross-country, les pratiques sont multiples bien que les montées soient moins plébiscitées que les descentes dans le souhait que veut pratiquer l’estivant.

Mais analysons de plus près les chiffres des fans Facebook par rapport aux chiffres de la montagne évoqués dans les articles précédents.

Plus de 2 millions de français s’intéressent au VTT en montagne sur Facebook

C’est sur que face aux 9,6 millions de fans de ski et 3,7 millions de fans de snowboard, le chiffre peut paraitre petit, mais il faut l’avouer la pratique n’est pas simple non plus. Le ski ou le snowboard c’est facile, on se laisse glisser dans une prairie couverte de neige, assez large et lissée par le damage de la nuit précédente. Au VTT, on retrouve un chemin, plus ou moins large, jonché de cailloux ou de terre, le tableau est moins sexy….

Pourtant certains sites s’en sortent très bien, à l’image des Gets ou des 2 Alpes qui ont investi dans cette discipline depuis bien longtemps (1992 pour les Gets) à coup de tracés, de balades ou de pistes de descente mais aussi, avec le renfort, certains évènements nationaux et internationaux.

L’amplitude d’ouverture de leur bikepark en est un signe flagrant. Les 2 Alpes sont ouverts de mi-juin au premier week-end de septembre en continu avec 6 remontées mécaniques et 91 km de parcours. Du côté des Gets, c’est ouvert dès le week-end de l’ascension jusqu’à mi-septembre avec 3 remontées mais 127 km de parcours. Toutes les remontées sont ouvertes sur les horaires standards de l’hiver mais je reviendrai sur ce sujet très rapidement…

Bref, une activité implantée depuis de nombreuses années, bien maitrisée et aidée dans son développement avec les évènements portés par le territoire. L’investissement est grand mais il paie, en tout cas pour eux, sur un marché qui ne représente que 4% de la population déclarant être fan.

Et dans les autres pays ?

En Europe, l’Italie et l’Allemagne offrent respectivement 4,1 millions de fans (8%) et 3,4 millions pour l’Allemagne (5%), le Royaume-Uni est loin à 2,2 millions et le Bénélux offre en cumulé 1 million tout juste de fans de VTT, là où en hiver ils sont 4 millions de fans de ski.

Mais, dans ce retour, presque rien d’étonnant, quand on prend l’exemple de Bardonecchia en Italie qui propose 400 km de parcours (bien que le nombre ne fasse pas la qualité et n’attire pas forcément plus de clients) mais adapte surtout ses horaires…. En passant par chez eux un dimanche soir de canicule estivale, ils avaient décalé la fermeture à 19 heures pour que les clients puissent en profiter encore un peu plus. L’été n’est pas l’hiver, le soleil reste bien plus tard et les activités sont aussi décalées.

Du coté des autres pays, les USA affichent presque 10 millions de fans et presque 2 millions pour le Canada, c’est peu face aux 37,6 millions de fans de montagne américains et 5,6 millions canadiens. Les ratios sont à peu près similaires en Chine, en Russie et au Japon.

Le VTT électrique à la rescousse…

Le saint VTT électrique est arrivé ! On lui fait des parcours, les territoires en achètent par lots pour les mettre à la disposition des visiteurs. Le phénomène est louable mais on reste quand même en montagne. Ce qui a été descendu, doit être remonté et même si la puissance du vélo offre une assistance, ce n’est pas un solex non plus.

Pour Frédéric Héran, économiste spécialiste des déplacements urbains, ce phénomène est directement lié “à l’essor du vélo dans les grandes villes de tout le monde occidental”. Mais aussi à l’objet en tant que tel, devenu une sorte de super-vélo.

“Le cycliste moyen produit à peu près 100 watts. Avec les 250 watts d’un VAE, tout en continuant à pédaler, il est le roi du monde. Il peut aller plus loin. Il peut démarrer plus facilement, ce qui donne de la sûreté au démarrage. Il peut transporter des charges, comme des courses ou un enfant. On peut monter une côte et faire face au vent. Et quand vous avez un coup de mou, c’est quand même bien pratique”, détaille-t-il. 

Désormais, “les gens considèrent que ce n’est plus un objet de loisir, mais un objet de déplacement”, fait remarquer Nicolas Mercat, consultant sur les questions de mobilité au cabinet Inddigo. Selon lui, 70% des acheteurs d’un vélo à assistance électrique ont d’ailleurs abandonné leur voiture pour les trajets domicile-travail. “Là où un déplacement moyen domicile-travail est de quatre kilomètres avec un vélo classique, il est de huit kilomètres avec un VAE. Avec cette distance, on couvre 80% à 90% des déplacements domicile-travail en France”.

Voici le véritable essor du vélo électrique, c’est un mode de déplacement et non pas une activité. Et puis les parcours VAE…. mis à part la possibilité d’attendre 1 heure sur le bord du chemin pour recharger sa batterie, quelle différence a-t-il réellement avec un parcours standard ?

En conclusion, le VTT ne doit pas être une activité par dépit, histoire de trouver de quoi occuper le temps des vacanciers l’été à la montagne, il doit être un segment majeur de la politique estival d’un site.

Il demande un gros investissement pour le territoire et ses socio-professionnels sur le long terme. Que ce soit sur l’amplitude d’ouverture des remontées mécaniques, sur le travail des shapers sur les parcours, leur signalisation mais aussi sur l’offre de vélo et l’accompagnement proposé, les efforts sont nombreux pour que les territoires qui investissent, voient un retour clientèle prononcé sur cette activité.

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