Etude comportementale sur les réseaux sociaux sur les centres d’interêts : Montagne, cyclisme et trail

Etude comportementale sur les réseaux sociaux sur les centres d’interêts : Montagne, cyclisme et trail

Le printemps s’est réinstallé dans les montagnes et certains ont déjà troqué les skis au profit du vélo de route. Nous nous sommes donc légitimement interrogés sur le lien qui unit les utilisateurs Facebook avec le cyclisme en montagne et en avons profité au passage pour analyser l’appréciation du Trail en montagne. Bref on est passé en activité estivale, vous l’avez bien compris.

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Les chiffres et l’étude sur le cyclisme en montagne

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Les français sont 7% à afficher le cyclisme et la montagne comme centres d’interêts, cela représente en population redressée un score de 3,8 millions de fans de bicyclette dans les pentes ardues des Alpes ou des Pyrénées. A contrario, l’Italie ,qui bénéficie d’une très forte culture vélo, monte à 15% soit 7,6 millions d’usagers. L’Italie est un pays de grands noms de coureurs cyclistes de Fausto Coppi à Marco Pantani mais aussi de régions magnifiques à découvrir en vélo de route. Leur culture de la petite reine est bien attisée surtout en montagne.

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Le chiffre qui est étonnant est celui du Bénélux, pourtant très adepte du vélo sur route avec 3,5 millions de fans. Le chiffre se réduit dès que l’on associe la montagne pour tomber à 1,9 millions soit 8% de la population.

La pente n’est pas l’élément de prédilection du nord-européen.

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Il y a un sentiment très particulier en Belgique. Vous savez, le vélo en France est très populaire, pas forcément dans le sens péjoratif du terme mais ça fait partie du folklore national. Le vélo en Belgique est vraiment dans le cœur des gens et on le voit avec le public massé sur le bord des routes, avec l’ambiance qu’il y a aussi bien sur les cyclo-cross que sur les classiques ! C’est quelque chose de très particulier. Votre pays reste pour moi l’essence du vélo. Dans le mot ‘classique’, il y a… ‘classique’, il y a une espèce de continuité avec nos anciens. Et c’est ce qui m’attire dans le cyclisme.” dit Yohann Offredo au sujet de la Belgique. Il rajoute, “Quand on est à Gand, au départ du Nieuwsblad, sur le parking, dans le bus de l’équipe, il y a forcément un petit stress, un mélange de stress, de peur, d’appréhension mais aussi d’excitation. En juillet dernier, sur le Tour de France, j’avais l’impression d’être un néopro. On ne me reconnaissait pas alors que ça fait douze ans que je suis professionnel et que j’ai régulièrement terminé dans le Top 10 des classiques. Le public belge me connaît, le public français un peu moins. Ici, il y a un public de connaisseurs, un public de passionnés. Et encore une fois, c’est un public qui a le vélo dans son cœur ! “. Dans notre cas, il nous semble que le sport ne remporte pas le suffrage sur l’environnement.

Par contre sont à surveiller deux gros viviers que sont les USA et la Chine avec un nombre de fans respectifs de 14 millions et de 19 millions, la bicyclette étant largement démocratisée en Asie.

Et pour le trail…

Credit Istock

Pour le trail , les usages sont à peu de choses prêt similaires, la France possède 2,8 millions d’adeptes déclarés sur les réseaux sociaux soit 5% de la population. L’Italie reste devant avec 4,2 millions de fans et 8% de sa population. La Suisse et l’Autriche monte à 1,2 million d’usagers cumulés et le Bénélux à 850 000 pratiquants affichés.

Tout comme sur le cyclisme, les chiffres des populations américaines et chinoises redressées nous montrent 12 millions d’adeptes outre-atlantique et 22 millions en Chine. De quoi comprendre la politique de certaines marques de sport internationales pour reconquérir l’image de la course en montagne.

Les images récentes de Kilian Jornet, la reprise d’interêt des marques pour l’outdoor et le running, le développement des trails, ultratrails, de sports comme le triathlon qui affiche une progression de licenciés de 130% en 10 ans avec 100 000 pratiquants en 2016, sont des raisons du développement lent mais certain du trail en montagne. L’année dernière, le Championnat de France de Trail a vu partir 1900 participants dans la montagne, un record qui ne tardera pas à être battu.

Dans un article écrit pour le Monde, Florence Soulé-Bourneton (Anthropologue) et Sébastien Stumpp (Sociologue) disent : ” Cet engouement doit beaucoup aux marques de matériel outdoor (Salomon, The North Face…) qui ont su exploiter le mouvement d’« écologisation » du sport. L’explication économique apparaît cependant insuffisante. L’essor de l’ultra-trail est aussi à mettre en lien avec l’imposition progressive dans notre société de la notion de compétence, qui met systématiquement en balance la maîtrise d’un haut niveau de performance (le « savoir-faire ») et la mise en scène d’un ensemble d’attitudes « authentiques » (le « savoir-être »). D’un côté, le développement de l’ultra-trail reflète les valeurs phares d’une société qui enjoint à l’individu de posséder des qualités de réactivité, d’autonomie et d’adaptabilité, d’évaluer et d’optimiser ses ressources physiques et cognitives pour produire la meilleure performance. Equipé de sa montre connectée, l’ultra-trailer peut apprécier en temps réel sa vitesse, sa fréquence cardiaque, son dénivelé, sa dépense de calories, autant de paramètres qui lui donnent l’intime conviction d’avoir prise sur sa performance et de pouvoir jongler avec les incertitudes du milieu. Les coureurs décrivent l’ultra-trail comme une expérience intérieure à la fois apaisée et déconnectée des réalités quotidiennes. La finalité performative de l’activité est donc déniée au profit d’une entreprise jugée plus légitime consistant à prendre conscience de soi et à s’éprouver. Cette recherche d’harmonie intérieure donne en continuité toute légitimité à une rhétorique de purification de l’âme par le contact prolongé avec la nature, que l’on songe à l’intérêt suscité chez les ultra-trailers par la nourriture bio ou les régimes végétariens.”

En bref, l’avenir du sport en montagne lors de la saison estivale est au vert, car même si les éléments sportifs que l’on démontre via cette étude sont des niches, en chiffre cumulé elle commence à peser dans le tourisme de montagne. Cependant la possibilité de pratiquer toutes ces disciplines n’enlève pas le fait que la plus grande majorité des séjournants en montagne, que ce soit en hiver ou en été, viennent chercher une rupture du quotidien qui leur est souvent prodiguée par la simple contemplation de la montagne elle-même...

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