Inspiration dans le tourisme de montagne entre Suisse et Autriche
Vue de Verbier

Inspiration dans le tourisme de montagne entre Suisse et Autriche

Le tourisme de montagne entre Autriche et Suisse

La rentrée est passée et nous avons profité du mois de Septembre pour aller revoir ce que nos voisins alpins font en ce moment.

Un périple entre Verbier, Seefeld et Davos pour trouver de nouvelles inspirations innovantes à votre service.

Merci aux équipes de Verbier, client de l’agence Alps, et de Feratel Autriche de l’invitation dans ce road trip d’automne.

On débute à Verbier

Station des Alpes suisses située dans le canton du Valais et reconnue grâce au festival de musique classique, le Verbier Festival, qui se tient chaque été ainsi que grâce à l’Xtrême de Verbier, compétition de freeride se déroulant sur les pentes du Bec-des-Rosses. Verbier est aussi un haut lieu de villégiature anglaise et internationale tout au long de l’année.

La station et le domaine d’altitude

Dans la vallée qui mène à la frontière helvetico-italienne du Col du Grand Saint Bernard, Verbier est une des destinations de montagne suisse les plus connues. Fort d’un domaine skiable de haute altitude et étendue jusqu’à Thyon, la station est l’un des spots de freeride les plus en vue du monde alpin. Les finales du Freeride World Tour sont d’ailleurs l’un des moments forts de la saison d’hiver.

Mais l’été n’est pas en reste avec des évènements d’envergure internationale tel que le Verbier Festival, reconnu dans le monde de la musique classique comme un évènement à l’effervescence inédite. Sur le plan sportif, la station possède un bike park qui ne désemplit pas du matin au soir avec une qualité de piste et de traçage que peu de sites peuvent égaler.

Jusque là, vous pourriez vous dire que je fais simplement la promotion de Verbier…
Mais non c’est un premier constat rapide pour poser un décor qui fait de l’excellence une mission quotidienne et qui offre tant de réalisations qui fonctionnent auprès de la clientèle de la station. 

Pour preuve, il y a une cible clientèle qui occupe principalement les esprits des équipes de Verbier, les R2, entendez les résidents secondaires. Ils sont plusieurs dizaines de milliers et c’est eux la priorité principale. Pas commun me direz-vous. Là où de nombreuses destinations dénigrent leurs résidents secondaires, les accusant parfois de garder les lits froids ou de ne pas participer au développement du territoire, ici c’est tout le contraire. Une politique de taxe de séjour, un bulletin d’arrivée électronique, des évènements et des animations, une carte d’hôte très développée sont faits pour eux.

Ce n’est pas une question d’argent pour mettre tout ça en place, c’est une philosophie : le R2 est un ambassadeur à part entière qui vit, invite des amis, loue son bien. Il doit donc faire partie des cibles de la destination, surtout en temps de crise sanitaire où l’afflux des populations internationales est compliqué.  

Vue de Verbier
Un Bisse à Verbier

Le Haut Val de Bagnes et ses itinéraires de balade

Verbier n’est pas seulement une station de ski, c’est aussi un territoire, vaste et naturel qui remonte la vallée jusqu’au Haut Val de Bagnes et le barrage de Mauvoisin. Se faufilant entre les sommets, l’ensemble de cette vallée est parsemée de petits villages au caractère naturel bien marqué.

Comme dans de nombreux territoires en Valais, les habitants ont utilisé des canaux pour acheminer l’eau des montagnes afin d’irriguer les terrains cultivés, appelés “Bisses” depuis des époques lointaines mais qui servent aujourd’hui de balades plutôt bien aménagées. Le long de ces bisses coule le canal à faible pente et les aménagements de passerelles, ponts ou belvédères, généralement en bois sont vraiment bien insérés dans l’environnement. Certains sont même équipés de clanche dont le bruit s’accélère pour avertir d’une montée des eaux soudaine. Nous sommes sur des structurations d’itinéraires entre patrimoine local et valorisation de la nature. 

Tout ceci est sans compter l’énorme patrimoine culinaire et agricole que Verbier met en avant au travers du fromage à raclette. Cela n’a l’air de rien, cependant la qualité de produit et la distribution mis en place au travers de laiterie, mais aussi de distributeurs automatiques, aide à l’image de la destination.

En bref, là où l’on imagine Verbier, haut lieu de villégiature de l’aristocratie ou du sport extrême européen, nous nous retrouvons avec de l’agriculture, du fromage, une filière bois très développée et un patrimoine naturel mis en valeur par son territoire. Une bicéphalie qui mérite encore d’être creusée pour en sortir l’essence même du succès de la destination auprès des fameux R2 ou des touristes de passage sur le territoire.

Pour en découvrir plus : www.verbier.ch

Seefeld, le patrimoine olympique de l’Autriche

Le periple alpin continue avec la découverte de Seefeld en Autriche. C’est une destination particulièrement prisée pour le ski nordique et les sports d’hiver. Pour preuve, Seefeld a déjà accueilli par 3 fois les jeux olympiques (en 1964, 1976 et 2012), dans les disciplines comme le ski de fond ou le combiné nordique et en été c’est 650 kilomètres de randonnées de tous niveaux qui font de Seefeld est une destination familiale à l’année.

La gare de Zeefeld

Située à 20 min d’Innsbruck, Seefeld est un plateau naturel assez vaste qui permet de nombreuses activités douces. Son attractivité est aussi dû à la présence du train sur le territoire. La ligne Munich-Innsbruck qui traverse la ville de Seefeld dessert aussi la station de Garmish Partenkirchen, en Allemagne certes, mais surtout dans la vallée d’à coté.

Tout comme en France, l’essor ferroviaire a une conséquence forte sur le développement des territoires et il est intéressant de voir que l’évolution de ces zones touristiques actuelles est encore récente dans l’histoire mais que les populations locales sont très présentes. Ces destinations sont aussi des zones d’activités excursionnistes pour les habitants d’Insbruck mais aussi une forte zone de villégiature ou de résidents permanents qui en quelques gares peuvent rejoindre une métropole pour aller travailler.

L’histoire olympique de ce lieu a une empreinte forte. Ses équipements et infrastructures sont faites pour accueillir de grands évènements. Spécialisé dans les disciplines nordiques, c’est pour la première fois en 1964 que le plateau frontalier avec l’Allemagne profite de la notoriété des Jeux Olympiques. Les observateurs remarquent la très bonne organisation des Jeux. Les épreuves se déroulent sans problèmes malgré le manque de neige avant les Jeux. En revanche, ils trouvent que l’ambiance, trop austère, est beaucoup moins chaleureuse et festive que lors des Jeux précédents. Dans les années 1970, il s’avère que la ville américaine de Denver, choisie pour accueillir les Jeux olympiques d’hiver de 1976, ne pourra assurer l’organisation de la compétition puisque la population locale s’opposa au Comité d’organisation. Une dizaine de villes postulent pour reprendre les Jeux et Innsbruck est sélectionnée. Les raisons principales de ce choix sont les sites construits pour les Jeux de 1964, qui permettent de limiter les coûts, et la bonne organisation de ces derniers.

Tremplin de Seefeld

Par la suite, Seefeld accueillera les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse sous son format hivernal puisque la candidature d’Innsbruck retiendra le site pour les disciplines de biathlon, ski de fond, skicross, snowboardcross, combiné nordique et saut à ski. Rien que ça…

Entre tradition et infrastructures de haute qualité, Seefeld s’est attribuée le nom de région olympique et ils le méritent amplement car c’est véritablement un écrin de nature dédié aux sports d’hiver et à la nature en été.

Pour en découvrir plus : https://www.seefeld.com/fr/

Centre Nautique de Seefeld

Un petit tour à l’Area 47

On ne pouvait pas passer dans le Tyrol sans s’arrêter quelques heures à l’Area 47. Situé à l’entrée de la vallée de l’Otzal qui remonte jusqu’à Solden, cet espace est dédié aux groupes qui souhaitent des activités sportives, motorisées, à sensation aquatiques et pleins d’autres encore, le choix est vaste et l’équipement connait son métier.

Area 47

Un hangar avec une piste de motocross, un lac avec des plongeoirs, toboggans, saut à ski, blobjump ou téleski nautique, des restaurants, des hébergements, un parcours aventure situé sous le tablier de l’autoroute. Il y a de tout pour satisfaire les groupes souhaitant profiter de tout cela. Biensûr la rivière qui passe au milieu de l’Area 47 est aussi un site de départ pour le rafting et canyoning pour que tous puissent profiter de l’ensemble des activités à sensation concentré en un seul endroit.

Pour en découvrir plus : https://area47.at/

Davos, la Suisse, l’imaginaire de sa culture et son forum économique mondial

Cette fois-ci on se retrouve en Suisse orientale, dans l’imaginaire populaire c’est LA montagne suisse. D’ailleurs Davos est enclavé dans le coeur de ces montagnes et pourtant avec ses 10 000 habitants et ses 1500 mètres d’altitude, ça en fait la plus haute ville d’Europe. Mais mis à part cela, c’est la démesure de Davos qui impressionne au premier regard. 

Vue générale de Davos

Hôte du Forum économique mondial, le Palais des congrès est juste gigantesque, tout comme les infrastructures dédiées au ski alpin, les funiculaires et téléphériques qui partent de ville vers les sommets.

Comme dans plusieurs endroits dans les Alpes, au XIXème siècle, les médecins allemands se rendent compte que le microclimat de la vallée était propice au traitement de la tuberculose et autres maladies pulmonaires. Le village se transforma en lieu de cure avec la construction de sanatoriums, d’hôtels et de pensions.

A la fin du siècle, Davos est relié au réseau ferroviaire suisse (encore une fois) et devient l’un des grands noms des stations de sport d’hiver. D’ailleurs la ville est aujourd’hui jumelée à Chamonix et Aspen…

Mais ce qui marque le visiteur c’est aussi cette culture des sports d’hiver. Comme je le disais précédemment, même si Davos est située loin de tout (2h30 de Zurich), la ville n’est pas moins attractive. Elle a notamment une culture du patinage très forte. Elle accueille chaque année la plus vieille compétition de Hockey sur glace, la Coupe Spengler, après la Stanley Cup. La compétition attire actuellement quelque 80 000 spectateurs par édition. Dans une patinoire, véritable cathédrale sportive, qui peut accueillir plus de 6500 personnes (pour 10000 habitants…). En comparaison, la plus grande patinoire française est à Grenoble et peut accueillir 4200 personnes pour une agglomération de 440 000 habitants.

Au final, Davos signe son image de grande destination des alpes et haut lieu de la culture suisse et de l’imaginaire qui en est induit sous toutes ses formes.

 Pour en découvrir plus : https://www.davos.ch/en/

Saas Fee, un glacier et des 4000 autours

A Saas Fee, pas de train ! Mais un métro. C’est ainsi que la station du Haut Valais appelle son funiculaire. Située dans la vallée à coté de Zermatt, Saas Fee a la particularité d’être entourée de nombreux sommets de plus de 4000 mètres. Et ça, c’est impressionnant quand on se retrouve en plein milieu.

MetroExpress de Saas Fee

Grace à son glacier, la station culmine à 3500 mètres et est l’un des plus haut lieu européen du ski d’été. 

Ancienne zone d’alpage, la station n’a très longtemps été accessible que par un chemin à mules. De cette époque, ils ont gardé la particularité de limiter au maximum la circulation automobile dans le bourg. Un grand parking situé à l’entrée de la station permet de stationner les véhicules et des navettes mises en place par les hôtels permettent de rejoindre les hébergements.  Un des principaux attraits de la station de Saas Fee est bien sûr la diversité de ses 145 km de pistes. Des professionnels viennent souvent s’entrainer ici.

Les villages situés un peu plus bas dans la vallée de Saas n’ont pourtant pas à rougir et proposent une offre touristique tout aussi intéressante. A Saas Grund, par exemple, des petits itinéraires autour de la thématique de l’eau ont été développés et attire au premier tronçon de leur télécabine, de nombreux visiteurs, heureux de jouer avec les jeux d’eau mis en place sur le plateau naturel. 

Pour en découvrir plus : https://www.saas-fee.ch/fr/

L’impact des reseaux ferrés ou de la mobilité dans la manière de faire du Tourisme

En conclusion de ce voyage dans les alpins orientales, on se rend véritablement compte de l’impact qu’a eu ou que peut avoir le réseau ferroviaire, mais en particulier l’effort de mobilité sur les destinations touristiques. On ne peut pas vraiment dire que les montagnes sont facile d’accès, pourtant au fil des années, et à grand coup d’innovations, les destinations qui se sont développées l’ont été aussi grâce à un effort fait sur la gestion de ses flux d’arrivée ou de transit. 

Train en gare de Seefeld

Pour ne citer que les exemples de cet article, Verbier a une gare ferroviaire à laquelle est relié un télécabine qui part de Bagnes vers la station de Verbier. Davos est au croisement de deux lignes ferroviaires, Seefeld est à 10 minutes de la frontière allemande. Elle se situe sur la voie de chemin de fer qui relie Munich à Innsbruck. Enfin, même si  Saas fee n’a pas de train, la station s’est illustrée par la gestion interne de sa mobilité. En interdisant les voitures dans le coeur de sa station, elle est obligée de proposer mieux pour être concurrentielle avec les autres destination. 

Au final, nous sommes allés étudier les cartes d’hôtes et les offres tout compris que peuvent faire les destinations de montagnes dans les Alpes orientales. C’est plein d’idées de développement raisonné que l’on a trouvé là-bas. Un beau voyage à refaire régulièrement pour gagner plus de recul sur notre manière de faire du tourisme en montagne.

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