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Le marché britannique du ski

Le marché du ski au Royaume-Uni à l’aube d’une saison qui reste dans le flou

Le marché du ski au Royaume-Uni à l’aube d’une saison qui reste dans le flou.

Le marché du ski au Royaume-Uni

Historiquement, l’histoire de la montagne française est étroitement liée à la présence des britanniques et au développement de leur marché touristique.

Selon une étude récente de l’Insee, près de 3 700  ressortissants britanniques vivent dans les zones touristiques des Alpes. Ils représentent, en moyenne, 2 % de la population de ces bassins de vie. Cette part atteint 3,7 % dans certains secteurs de Haute Tarentaise.

En Haute-Savoie, ce taux grimpe jusqu’à 5 % à Chamonix, et 9 % à Morzine.

Ces populations vivent du tourisme, assurent de l’accueil, gèrent des chalets, conduisent des transports, en résumé s’occupent de leur public. 

Pour se developper sur ce marché, il n’y a rien de mieux qu’un britannique pour s’occuper d’un de ses compères, m’avait glissé une fois un de mes fournisseurs anglais.

Le petit souci, c’est que la période n’est pas très faste actuellement. Le coronavirus me direz-vous ? Et bien non, je n’ai même pas envie de continuer sur ce sujet, la France ne prend aucune décision pour rassurer ni ses touristes français, ni ses touristes étrangers alors…personne ne va le faire pour eux. On va se dire que l’appareil étatique n’a jamais influencé un marché, donc ça ne va pas changer les choses dans le contexte actuel.

Non, l’énorme souci qui est en train d’arriver est l’effet du Brexit sur le marché touristique. 

Les derniers chiffres clés diffusés par Savoie Mont Blanc Tourisme annoncent une part de public étranger de 31% (cela va dépendre des secteurs) mais surtout une part britannique à 26 % ! 

En regardant spécifiquement en Hiver, nos confrères outre manche grimpent à 36%  de l’ensemble des fréquentations étrangères, loin devant les autres nations pour SMBT et 30% pour l’Isère. A noter que la fréquentation étrangère est mesurée à 34% du marché global de Savoie Mont Blanc Tourisme.

Une part non négligeable de touristes en territoire alpin…

Le client britannique est un skieur confirmé. Son critère prioritaire de choix est la qualité du domaine skiable. Il réserve plus de 3 mois avant son séjour, préférentiellement par un Tour Opérateur. Il vient principalement en avion vers l’aéroport de Genève, ses dépenses sont comprises entre 850 et 1150 € pour les transports, l’hébergement et les frais liés à la pratique du ski. En station, ses dépenses sont inférieures à 550 € (restauration, sorties...).

Extrait de la synthèse de l’étude SPIKE Hiver 2016/2017 disponible en ligne : pro.savoie-mont-blanc.com

Une saison vraiment opaque

Le Brexit au milieu de tout cela, ne facilite pas l’affaire, et pourtant, il y a un an, on ne s’en souciait guère. Ce divorce n’aurait que peu d’impact. “Sera-t-il plus compliqué de se rendre outre-Manche après le 31 janvier? Pas vraiment, du moins pendant la période de transition qui court jusqu’au 31 décembre 2020. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne change peu de choses pour les voyageurs français et européens. Les conditions d’entrée en Angleterre, en Écosse, en Irlande du Nord et au Pays de Galles restent inchangées. «Le voyageur doit être muni d’un passeport ou d’une carte nationale d’identité en cours de validité», rappelle le site France Diplomatie.” écrivait le Figaro.

Et pourtant, aujourd’hui les complications se multiplient.

Sur le plan aérien, le transport est, sur le papier, loin d’avoir réglé les problèmes liés à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. A partir du 31 décembre, et en l’absence d’un accord global à Bruxelles, les compagnies aériennes britanniques, ainsi que les industriels de l’aéronautique perdront en effet tous les bénéfices de leur appartenance à l’Union .

A commencer par le droit pour les avions battant pavillon britannique d’opérer des lignes intra-européennes. « Les licences d’exploitation délivrées par l’autorité britannique compétente pour l’octroi des licences ne seront plus valables dans l’Union après la fin de la période de transition », indique un texte de la Commission.

Sur les démarches administratives, même si la nécessite d’avoir un visa n’est pas à l’ordre du jour, le touriste britannique sera considéré comme un ressortissant hors U.E. et devra donc s’armer de patience, ne bénéficiant plus de la liberté de mouvement qui existait auparavant. Les Européens de leur côté pourront entrer sur le sol britannique avec une simple carte d’identité jusqu’à octobre 2021, date à laquelle un passeport sera exigé. L’écho touristique a écrit un article très bien sur le sujet.

L’Ecosse se désolidarise

Dans une tribune pour Ouest-France, le Ministre des Affaires gouvernementales et des Relations constitutionnelles d’Écosse, Michael Russell, revient sur les relations entre l’Écosse et l’Union européenne, et particulièrement avec la France.

“L’Écosse, la France et toute l’Europe vivent des moments troublants et sans précédent.

Notre réponse à la pandémie du Covid-19, à son impact inévitable sur nos sociétés et à ses profondes implications pour notre santé, notre bien-être et nos économies, est chaque jour au cœur de nos préoccupations.

Une amitié ancienne, profonde et forte

Mais l’Écosse est confrontée à une autre crise, et en l’occurrence, une crise qui aurait dû être parfaitement évitable : le Brexit.

La France est depuis longtemps amie de l’Écosse. Notre amitié est ancienne, profonde et forte, et nous sommes solidaires avec la France face aux effroyables attentats terroristes de Nice.

En tant qu’amis inquiets, les lecteurs français savent que l’Écosse n’a pas voté pour que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne. Nous ne voulons pas être mêlés au Brexit. Nous souhaitons cependant voir cette relation profonde avec la France s’épanouir et se renforcer.” L’ensemble de l’article est disponible ici

Un battement de nageoire dans les eaux britanniques peut créer une avalanche dans les Alpes

Cela pourrait être la redéfinition de l’effet papillon dans cette guerre économique que se livre le Royaume-Uni et l’Europe.

Dans beaucoup de domaines, le Royaume-Uni a beaucoup plus à perdre, mais ce n’est pas le cas de la pêche. Historiquement, les bateaux européens vont beaucoup plus pêcher dans les eaux britanniques. Par exemple du côté de la Manche, certains petits pêcheurs ou certains pêcheurs vont pêcher deux tiers de leur pêche dans les eaux britanniques.

Le premier ministre Boris Johnson veut faire de la pêche une monnaie d’échange. C’est pourquoi l’Union européenne veut un seul accord global, qui inclurait le commerce, la pêche, la libre circulation…

A l’heure ou l’ensemble du monde rencontre les mêmes problèmes économiques, sanitaires, sociaux et environnementaux, le conflit d’égo risque de faire bien plus de dégâts qu’il n’aurait pu être imaginé au départ. C’est bien triste pour tout le monde et le monde du Tourisme français sera surement l’un des premiers sacrifié sur l’autel de la sardine.

sean-connery

Et dans notre malheur, le monde à perdu son écossais le plus célèbre, Sean Connery  était un skieur invétéré, grand golfeur et fan de la France (ancien propriétaire du golf de Terres blanches). 

Un immortel qui aura incarné le flegme britannique au cinéma et qui aura eu la classe à tout âge. Vraiment rien de va plus…

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