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Un autre tourisme est possible

Un autre Tourisme est possible PARTIE 1/3

À l’image des meilleures sagas de l’été tel que Zodiaque, le château des Oliviers ou Châteauvallon, nous vous proposons une minisérie en trois parties qui vous tiendra en haleine sur la thématique d’un autre tourisme. Bonne lecture.

Avec une année composée d’un hiver sans neige, un été marqué par la sécheresse et les incendies, obligatoirement la question se pose sur l’avenir du monde actuel basé sur une révolution industrielle presque bicentenaire qui a érigé ses lois et ses concepts. Ce dont on est sur maintenant c’est que la croissance sans limite portée en 1960 entre autres par Arthur Okun dont l’analyse était qu’une croissance annuelle de 2% de la production nationale américaine correspondait à une chute du de 1% du chômage. Sous une vision mondiale prenant en compte le développement soutenu de l’union soviétique et à des fins de sécurité nationale, notre Arthur avait besoin de rassurer sur le plan sur une idéologie économique  pouvant servir, à l’époque, la puissance militaire et politique de l’occident. On voit bien quelques décennies plus tard que cela n’a pas été la solution et que le monde actuel doit s’adapter en même temps à plusieurs changements pour continuer à évoluer.

En pleine saison estivale, il était donc logique que le Tourisme soit pointé du doigt comme le mauvais élève puisque le sujet du Covid-19 était dépassé, celui de l’Ukraine trop anxiogène, la politique n’ayant plus l’audience escompté pour cause d’overdose de la population (ou tout simplement de désintérêt), la saga médiatique de l’été se devait de trouver sa proie. Cela était finalement naturel d’aligner des théories binaires sur le lien entre tourisme et écologie pour alimenter les flux d’informations superficielo-permanents.

Malheureusement de résumer le tourisme à une simple économie saisonnière n’aide pas au débat étant donné la compléxité de sa transversalité. Pourtant le changement à déjà débuté dans la filière mais il faudra encore être patient pour en voir les effets.

Biensûr, le Tourisme comme il a été développé depuis 70 ans arrive en bout de course mais, au final, ce n’est peut-être pas un mal qui mue.

Station de ski

Le problème principal est de limiter la filière touristique à son seul impact économique. On ne voit pas que le Tourisme comme une industrie impossible à délocaliser, car notre vision est faussée par la création ex nihilo des non-lieux qui prennent le pas sur les lieux anthropologiques. Un non-lieu dites-vous ? Et oui, « Si un lieu peut se définir comme identitaire, relationnel et historique, un espace qui ne peut se définir ni comme identitaire, ni comme relationnel, ni comme historique définira un non-lieu. » dis-en 1992, Marc Augé dans son livre “Non-lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité Il sera opposera, dans sa théorie, les non-lieux aux lieux anthropologiques que va expliquer juste après. Pour voir le Tourisme d’une manière plus global dans l’espace et dans le temps, on ne peut pas limiter son essor au simple développement de masse des années 1960 et la mise en place d’infrastructures qui au final n’auront pour seule vocation d’accueillir du public sans véritablement d’âme. Il faut le voir dans son ensemble pour se rendre compte que les lieux anthropologiques sont en effet largement devant dans la génération de flux de clients, et ce, depuis longtemps.

Qu’est qu’un lieu anthropologique ?

Le lieu anthropologique, c'est celui où les sujets qui y vivent trouvent à s'y identifier (« lieu de naissance »), à y établir des relations durables (sociabilité) et à y rattacher une histoire collective.
Marc Augé
Marc Augé
Ethnologue et anthropologue français

Mais ce n’est qu’une facette de l’activité touristique. En 2016, dans l’Attractiveness Canvas, je décrivais l’attractivité touristique par la capacité à développer ou mettre en valeur de manière synchrone les attributs du territoire que sont l’accessibilité, les infrastructures, les paysages et les communautés. Je ne veux pas dire que seules les destinations avec 5000 ans d’histoire ont une vocation touristique, mais de limiter l’attractivité à une seule filière est une conséquence du tourisme de masse développé dans une ère surmoderne qui peut aujourd’hui être changé.

Ile au milieu de l'ocean

Une économie qui doit désormais rimer avec écologie

La filière touristique est-elle en retard ? Pas plus que les autres en fait. Chaque français fait 6,3 voyages de plus de 80 kilomètres par an, soit 8500 kilomètres. 85% de ces distances sont faites en avion ou en voiture. Le train représente 12% de ces trajets longue distance, pourtant il émet 40 fois moins que la voiture. L’avion représente 2% des voyages, mais émet un tiers des GES (Gaz à Effet de Serre) du secteur qui représente lui-même 9% des émissions nationales de GES.

L’équipe du Shift Project dans son très bon livre « Le plan de transformation de l’économie française » propose des solutions opérationnelles pour réduire ces émissions de GES. 
Et soyons tout de suite clairs, le Zéro carbone n’existera pas ! Ni en 2050, ni après. En revanche nous pouvons réduire drastiquement les émissions dans le secteur touristique en s’attaquant aux deux grands axes consommateurs Le Transport et le Logement. 


Dans le premier, le train apparaît comme une solution existante. Le shift project projette que si le trafic ferroviaire se multiplie par trois dans les trente prochaines années, que cela entraîne une baisse de 20% des parcours en voiture et 35% dans l’aviation, cela permettrait de réduire de 70% la consommation d’énergie, soit 3,1% par an. La dépendance aux carburants liquide passerait alors de 88% à 24%.

Biensûr, cela nécessite un changement de comportement pour les consommateurs qui sont déjà prêts à faire l’effort si l’offre existe. Cela nécessite aussi un très gros effort d’investissement pour les structures publiques pour restaurer (ou électrifier) les lignes ferroviaires existantes, mais aussi à chaque échelle de territoire de proposer un maillage allant des grands hubs de connexions nationaux et régionaux jusqu’à la gestion du dernier kilomètre sur le plan local. Tout cela n’est pas simple et nécessitera un investissement financier lourd de la part de tous, mais payera forcément dans le temps.

Pour la question de l’hébergement, on ne va pas revenir dans des huttes, mais peut-être plus imaginé à rationaliser ou optimiser le bâtiment existant. Je me souviens d’une discussion, il y a quelques mois avec Pierre Leroy , président du Pays du Grand Briançonnais , du Guillestrois, du Queyras et des Écrins en autres qui m’indiquait que 80% des bâtiments appartenant au service public était inoccupé. Ça commence à faire… 

Le 11 mars 2012, le peuple suisse a décidé de limiter à 20 % le nombre de résidences secondaires dans chaque commune. Le 1er janvier 2016 est entrée en vigueur la loi fédérale sur les résidences secondaires. En France, 22% des logements sont vacants ou secondaires. Il y a peut-être des évolutions à imaginer dans le secteur. Mais en dehors du propos sur les résidents secondaires loueurs ou non, c’est l’ensemble des infrastructures et des aménagements qui doivent être repensés. Demandons-nous, sous quelle condition doit-on encore construire ? Ne peut-on pas rénover, réhabiliter de l’existant pour essayer de l’optimiser ? En terme démographique cela pose aussi la question de la redynamisation des territoires ruraux au travers de leurs capacités à proposer des logements vacants. Avec un dixième des émissions de gaz à effet de serre de la France, le bâtiment résidentiel fait face à un triple enjeu : réduire ses émissions, sortir de sa dépendance aux énergies fossiles et s’adapter aux événements climatiques à venir. L’ensemble des acteurs de la filière touristique institutionnelle comme privée doit se concentrer dans ce secteur à massifier la rénovation énergétique globale et performante. Cela veut dire isoler les bâtiments et décarboner les sources de chaleur.

Le sujet est trop vaste pour le traite en un seul article mais dans le fonctionnement des infrastructures, un grand nombre d’économies sont à trouver pour leurs gestionnaires comme pour l’impact qu’elles produisent.  L’Ademe en reconnait un petit nombre qui permettent d’intégrer une démarche de sobriété, de réduire son empreinte carbone mais aussi de faire des économies sur le moyen et long terme en terme énergétique mais aussi financier pour son propriétaire. 

L’agence Alps accompagne tout au long de l’année un bon nombre de territoires dans leurs stratégies ou leurs réflexions qui font la différence. Vous voulez connaître nos références Contactez nous

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